Auteur/autrice : admin6607

  • Jour 3 : Le mois du faussaire

    Les semaines qui viennent de passer ont été consacrées presque exclusivement à ce cas T.O. Il s’agit d’un auteur fraudeur qui écrit allègrement assisté par la machine IA. Son usage est tellement assisté qu’on en serait facilement à dire que c’est lui qui assiste la machine en donnant quelques idées. Cet auteur est non seulement un faussaire, mais aussi un plagieur maintes fois pris la main dans le sac. Donc, concernant sa culpabilité, il n’y a aucun doute.

    Là où le débat devrait être constructif et réaliste, il est tout simplement impossible. Cet empêchement de la parole l’est essentiellement pour des raisons politiques.

    Une fois ce constat fait, on se rend compte que toutes les mesures salutaires pour préserver la littérature ne seront pas prises. Au moment même où les éditeurs devraient se concerter pour créer un label de qualité type AOP pour exclure la machine, pour affirmer l’humanité, il ne se passera rien. Le néant de décisions est possible, car tous les acteurs sont submergés par le commentaire.
    Or si le commentaire foudroie, s’il pose un anathème, ce que le commentaire ne fait pas, c’est construire.

    Nous avons plus que jamais besoin de construire une digue dans l’urgence qui protégera nos libraires ; nous n’avions rien fait pour les disquaires. Nous devons collectivement trouver des solutions pour affirmer notre différence d’humains, nous sommes originaux et singuliers, et non une moyenne statistique.

    L’inaction des acteurs de l’écrit est peut-être la prémisse de la chute de l’écrit pour le commun.

    Bien sûr, la musique est restée chez les audiophiles, mais le commun écoute un streaming incessant de notes fades qui hypnotise le cerveau sans le nourrir.

    Bien sûr, le cinéma est resté chez les cinéphiles, mais le commun enchaîne des séries sur des plateformes où le temps passé à les choisir est plus long que l’intérêt que l’on va leur porter. Le commun, lui, se perd.

    Bien sûr, les lecteurs auront toujours des livres à lire, mais on ne veut pas juste être stimulé par un écrit, un film ou une chanson, on ne veut pas juste être parcouru par un courant électrique. Nous ne sommes pas des batraciens sur la table de dissection de l’IA et du mercantilisme.

    Nous voulons être bouleversés, marqués, affermis et construits.

  • Jour 2 : La rentrée littéraire

    Septembre est le mois des rentrées pour moi.

    Je dis “les” pour la première fois. En plus de la rentrée scolaire en rapport avec mes activités de musicien, je me retrouve à vivre ma première rentrée littéraire, comme on dit.

    C’est le moment que choisissent les livres pour apparaître par dizaines et poper un peu comme des champignons. Finalement, si on voit dans cette profusion de propositions littéraires une expression naturelle semblable à la saison des champignons, ce n’est pas si impressionnant, ou plutôt, ça laisse une impression bucolique. Le panier en osier tressé à la main par Jocelyne m’accompagne à la recherche des champignons les plus à mon goût.

    J’aime cette idée qu’on glane, pêche ou cueille un livre, ce geste naturel, ancien, comme une forme de sustentation. Nourrir son esprit, son âme, affûter son sens du beau, épicer ses sentiments, bouleverser ses points de vue, rire, pleurer, réfléchir, frémir, aimer et frissonner. Les livres font ça.

    Alors je vais prendre le panier que Jocelyne a fait de ses mains et ramasser çà et là quelques livres qui ont eu la politesse d’apparaître pour moi en ce mois de Septembre.

  • Jour 1 : Welcome


    Aujourd’hui 4 août 2026

    Je m’installai à 6h12 du matin, dos à la fenêtre, avec mon kit d’écriture. Un cahier et son stylo. Chaque cahier occupe différentes fonctions d’écriture, et il a son stylo associé. Selon que je décide de poursuivre le travail sur un roman ou que je prenne des notes sur la structure, j’utilise un cahier ou un autre. Cela paraît très ordonné certains jours, et d’autres pas du tout.

    Je me rends compte que ces cahiers sont des portes, des coffres, et que le stylo ; accroché, glissé à cheval sur la couverture ; et quelques pages sont comme la clef de ce coffre, de cette serrure.

    Ce matin à 6h14, je m’empare d’une de ces clefs, j’ouvre la porte, et avant d’avoir bu une gorgée de café j’écris ce qui sera le billet d’ouverture, de bienvenue, de ce petit blog d’écriture.

    C’est aujourd’hui que je lance ce site ; sa communication, ses derniers réglages, ajustements. Je suis heureux d’avoir réussi à transformer ce vide informatique en objet interactif. Même si j’ai bien conscience qu’on est un peu loin de la littérature, ce billet d’humeur nous en rapproche. Alors, le cœur léger, mon sang décaféiné ; ou plutôt pas encore caféiné ; ne fait qu’un détour pour vous souhaiter, nous souhaiter, la meilleure des journées.